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cr:ag:paris8:20160330

Compte-rendu de la deuxième Assemblée Générale des précaires de l’enseignement supérieur et de la recherche à Paris 8, mercredi 30 mars 2015.

Prochaine AG : mercredi prochain 6 avril à 15 heures, rdv dans le hall d’entrée de Paris 8 !

Tour de table

25 personnes présentes. Nous commençons par un tour de table. À Paris 8, sont représentés les départements Sociologie, Culture et communication, et Philosophie ; les écoles doctorales Sciences sociales et Pratiques et théories du sens ; les labos LLCP, CEMTI et CRESSPA. Deux autres universités sont représentées : Nanterre (sociologie), Paris 1 (sciences politiques, archéologie). Comme lors de la première réunion, il y a une grande diversité de situations : doctorant·e·s salarié·e·s hors université, doctorant·e·s, contratuel·le·s, ATER, vacataires d’enseignement, vacataires de recherche (postdocs). Il y a toutefois une surreprésentation d’enseignants-chercheur·e·s (ayant été) contractuel·le ou ATER, donc plutôt privilégié·e·s par rapport à la moyenne des précaires de l’ESR. Il y a aussi beaucoup d’écoles doctorales, de départements et de laboratoires que nous avons du mal à toucher sur Paris 8.

Comptage sur 24 personnes pour faire un état des forces en présence :

Département - Science Po : 6 - Socio : 4 - Philo : 4 - Com : 5 - Sciences de l'éduc : 1 - Inconnu : 1 - Hors Paris 8 : 3 (socio, archéo, aes)

Statuts : - Docteur.e vacataire : 1 - Ater : 7 - Allocataire, monitorat : 5 - Non-financé.e, vacataire : 8 - Inconnu : 3

Compte rendu de la première AG

On commence par faire un compte rendu oral de l’AG du 15 mars (qui a fait l’objet d’un compte rendu écrit détaillé) en rappelant les trois niveaux de revendications que nous voulons porter : respect du droit de travail et de notre dignité de travailleurs·euses + revendications locales sur Paris 8 + revendications nationales en concertation avec les précaires mobilisé·e·s dans les autres universités.

Cette première rencontre nous a permis de confirmer la précarité comme expérience commune et la difficulté de se mobiliser pour les non financé·e·s. L’un de nos premiers objectifs est de relier le mouvement contre la loi travail et nos situations, avec un travail de pédagogie pour expliquer en quoi la loi travail nous concerne aussi : attaque générale contre un code du travail qui n’est lui-même pas respecté par les universités. L’une des premières questions à émerger est la diversité et la complexité de nos situations : doctorant·e·s et docteur·e·s, allocataires et non-financé·e·s, enseignant·e·s et chercheur·e·s, etc.

L’état de la mobilisation des précaires de l’ESR au niveau national

Les camarades de Paris 1 venu·e·s se joindre à nous expliquent que leur mouvement des « doctorant·e·s mobilisé·e·s pour l’Université » a commencé avant la mobilisation contre la Loi Travail et ne s’articule pas directement au mouvement actuel. Il y au sein de ce mouvement une réticence par rapport au mot « précaire » et une volonté de rester sur des revendications corporatistes et locales : exonération des frais d’inscription, remboursement des frais de transport, augmentation massive des financement de thèse et mensualisation des vacations. Ils et elles présentent une liste aux élections de l’université pour pouvoir prendre part aux décisions. Ils et elles ont aussi organisé hier une « Doc Pride » sur la place du Panthéon. Leurs modes d’actions sont aussi : grève les jours de mobilisation nationale, rétention de notes et refus de corriger les partiels des enseignant·e·s titulaires. Certaines directions d’UFR font pression en menaçant de sanctionner les précaires mobilisé·e·s.

Une dizaine d’universités sont déjà mobilisées sur des enjeux similaires, avec lesquelles nous prenons contact et commençons à discuter (Poitiers, Aix-Marseille, Toulouse, Lille 1, Strasbourg, Paris 13, Paris 10…). Il faut prendre en compte qu’elles sont dans des temporalités diverses. Comme Paris 1, Toulouse est mobilisée depuis plus longtemps, un an et demi, sur des revendications locales, mais se mobilisent désormais aussi contre la Loi Travail. Les mobilisations locales ayant par le passé souvent échoué, il est important de construire un rapport de force national, ce qui est l’objectif de la journée du 13 avril. Il faut continuer à inviter les autres facs à créer leurs propres collectifs de précaires de l’ESR. Certaines revendications locales peuvent devenir nationales : changer directement la loi sur les frais d’inscription plutôt que les règles de chaque université une à une.

Le problème des associations de doctorant·e·s est qu’elles sont souvent focalisées sur la professionnalisation, sans positionnement critique.

Il faut se renseigner sur les tentatives passées de créer un syndicat des précaires de l’ESR.

Nous avons besoin d’expert·e·s en droit du travail spécialisé·e·s sur les employeurs publics (juristes, avocats, syndicalistes) pour formuler nos revendications et envisager tous les modes d’action possibles.

L’état de la mobilisation des précaires à Paris 8

Nous devons créer des solidarités et des alliances pour éviter les retours de bâtons et les abus contre les précaires en général et contre les précaires mobilisé·e·s en particulier. Nous commençons à recevoir à travers contact@precaires.fr des messages de précaires qui demandent conseil face à des abus (ex : un titulaire demande à une non-titulaire de lui corriger ses copies). Notre mouvement doit être un espace de ressources contre ces abus.

Les camarades doctorant·e·s en philosophie à Paris 8 (ED TPS) racontent leur initiative de mobilisation contre la Loi Travail. Ils et elles veulent sensibiliser les camarades au fait que la Loi Travail concerne aussi les doctorant·e·s. Les conséquences de cette loi, nous les connaissions déjà : la concurrence généralisée, le cumul des tâches et des emplois, la précarité. Une idée importante est que même (et surtout) lorsqu’elle est non financée, la thèse est un travail. Autrement dit, notre mobilisation ne doit pas parler qu’aux vacataires d’enseignement. Une priorité doit être de rallier les doctorant·e·s qui autofinancent leur thèse avec un job alimentaire.

Il faut se donner les moyens d’échanger avec celles et ceux qui ont le moins de temps pour se mobiliser : collègues avec enfants, étrangèr·e·s, non-financé·e·s. Ce serait une erreur d’accabler ou de culpabiliser celles et ceux qui ne se mobilisent pas.

Gagner des batailles concrètes rapidement (ex : suppression des frais d’inscription pour les doctorant·e·s) nous permettra d’intéresser les plus précaires.

Il faut profiter des fenêtres d’opportunité que sont la grève (si on est contre la Loi Travail, on se doit d’être contre la précarité à l’ESR) et les élections aux conseils centraux de Paris 8 (nous avons un poids électoral) pour porter des revendications locales. Il est possible que le mouvement naissant des précaires s’affaisse si on perd sur la Loi Travail.

Mais il faut aussi penser à moyen terme (premier semestre 2016-2017) pour construire un mouvement national avec des revendications ambitieuses.

VOTES

Motion de l’AG des précaires de l’ESR de P8 Adoptée (avec quelques amendements de forme)

Appel à la grève Adopté Non mixité du collectif (non-titulaires) Adopté

Action locale dans le cadre de la mobilisation nationale des précaires de l’ESR du 13/4 Adoptée (Les modalités seront discutées lors de la prochaine AG)

Mandat à Kevin pour discuter avec les autres universités et écrire le court appel avec les camarades Adopté (Il faudra un·e autre volontaire la prochaine fois)

Prochaine AG le mercredi 6 avril Adopté

Revendications discutées mais non votées : Supprimer la limitation des thèses à 5 ans (comme cela semble être désormais le cas au sein de l’ED PTS) Non pénalisation des enseignant·e·s vacataires mobilisé·e·s Non pénalisation des doctorant·e·s mobilisé·e·s lors du bilan de l’année avec les directeurs·trices et les ED Que les vacataires soient payé·e·s au tarif CMTD à Paris 8 (inégalité titulaires/non-titulaires) Lettre ouverte aux listes qui se présentent aux élections aux conseils centraux Un statut unique des non-titulaires ? Une rémunération (de type « revenu de base ») pour tou·te·s les doctorant·e·s ?

Modes d’actions discutés mais non votés : Une banderole des précaires de l’ESR à Paris 8 pour la prochaine manif Un « porteur de parole » pour faire connaître notre situation auprès des personnes qui circulent au sein de la fac Action au tribunal administratif Action en rez-de jardin à la BNF Actions dans les colloques et séminaires de recherches à Paris 8 et aux Archives Nationales Lettre ouverte aux deux listes candidates aux élections aux conseils centraux à Paris 8

cr/ag/paris8/20160330.txt · Dernière modification: 2016/04/19 17:46 par yoann