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cr:ag:lille:20160405

(Pour édition à plusieurs main, le CR en révision en google doc)

Suite à l’appel à AG des doctorant-e-s du Clersé, une trentaine de doctorant-e-s et docteur-e-s des différentes universités lesquelles de la région lille se sont retrouvé-e-s le 5 avril 2016 à l’université de Lille 1, dans le bâtiment M1, occupé par les étudiant-e-s mobilisé-e-s contre la loi travail. Les doctorant-e-s du Clersé expliquent avoir réalisé cet appel, après avoir vu de multiples collectifs se créer et AG se tenir dans les Universités suivantes : Paris 1, Paris 8 et Toulouse Le Mirail. Un étudiant mobilisé fait émaner une proposition de participation à une conférence de presse, organisée par les étudiant-e-s mobilisé-e-s de Lille 1, qui aura lieu le vendredi 8 avril à 14h. La question sera discutée dans le troisième point de l’ordre du jour. Un tour de présentation des personnes présentes (université d’appartenance, discipline) est réalisé. Des étudiant-e-s mobilisé.es et un chercheur CNRS sont présents par « curiosité ». L’ordre du jour proposé est le suivant :

  Création d’un collectif ?    
  Pour quoi faire ?    
  Formes de la mobilisation ?

L’ordre du jour est accepté par l’AG. Le bureau accepté par l’AG est composé d’une secrétaire, doctorante en philosophie, d’un chargé des prises de paroles, doctorant en sociologie et d’une présidente, également doctorante en sociologie.

  Création d’un collectif

Les débats portent sur l’utilité à créer un collectif qui ne se constituerait que pour lutter contre la loi travail, vu les nombreuses organisations qui luttent d’ores et déjà contre cette loi et des possibilités de chacun de s’y impliquer en dehors d’un mouvement corporatiste. Un débat a lieu pour savoir quelle priorité donner à la lutte : militer pour le retrait de la Loi Travail et se fondre dans les revendications de la loi travail ou défendre des revendications propres au risque de se désunir du mouvement social ? Un consensus s’établit autour de l’idée que ces deux finalités ne sont pas contradictoires, au contraire. Il semblerait important de rendre visible la précarité des jeunes chercheur.es afin de dénoncer des formes de domination et d’exploitation qui vont dans le sens de la lutte pour le retrait de la loi travail. Des membres de l’AG soulèvent que la constitution d’un collectif des enseignant-e-s chercheur-e-s de l’ESR permettrait d’une part d’appuyer les actions des étudiant-e-s mobilisé-e-s contre cette loi et, d’autre part, de lutter contre les conditions de travail dans l’ESR en ayant des revendications propres (absence de frais d’inscription, mensualisation des vacations par exemple). L’enjeu de former de nouveaux collectifs est également de décloisonner ce qui existe, de créer des réseaux, de faire jouer les identités (« tu es anarchiste, je ne suis pas anarchiste. C’est politique de se mobiliser ensemble. Il faut encore se battre contre la loi travail. ») Une personne propose de se définir plus globalement comme des « travailleurs précaires » dans un but plus large de convergence des luttes avec les autres travailleurs. Est-ce qu’on se retrouve entre personnes « proches » ou est-ce qu’on cherche à se fondre dans des problèmes plus globaux ? La question du nombre de membres du collectif est également évoquée. « On a un collectif à défendre au sujet des conditions de travail mais si on n’est pas assez, ça n’a pas de sens ». Il s’agit aussi de questionner notre engagement en tant que chercheur.es et l’articulation de cet engagement à la lutte. Quelle serait la pertinence de ne pas se mobiliser comme doctorant.es ? Le collectif doit défendre une voix propre et ne pas prétendre défendre un point de vue surplombant. Quelqu’un se dit préoccupé par l’action des étudiants : « je suis préoccupé que ce que l’on fasse appuie ce que les étudiants font ». Une autre demande, peu après : « comment faire le lien avec les étudiants, comment les soutenir ? » - « C’est important de se mobiliser comme doctorant.es. On a des années de retard en termes de mobilisation. Quid de la mensualisation des paiements, le remboursement des frais d’inscription, mensualisation des vacataires, etc. Ce sont des revendications qui nous concernent. » Quelqu’un demande à savoir de quoi on parle : quelle est la taille du réseau ? Qu’est-ce qui est déjà mis en place ? L’idée de l’AG est venue parce que dans les Hauts-de-France, aucun collectif de ce type n’existe. Une personne propose de mettre en lumière notre précarité actuelle en dénonçant les hiérarchies et notre corvéabilité sans fin. Une autre ajoute qu’elle veut se mobiliser pour aussi créer des liens avec les profs des universités afin de réfléchir entre personnes qui ont les mêmes intérêts à défendre. La question débattue est désormais celle de savoir ce que l’on veut revendiquer. Une personne précise : « en région parisienne, les doctorants travaillent à la création d’un nouveau code du travail. Au lieu de faire cours, on peut échanger avec les étudiants. Il est aussi possible de participer aux AG avec les étudiants ». Quelqu’un rebondit à l’idée lancée un peu avant que le rôle des doctorants serait d’unifier les moyens d’action car les étudiants ne seraient pas si présent que cela dans les différents AG qui se déroulent en ce moment à Lille (attention aux risques de noyautage de l’Unef ou des anarchistes) : « ce qui fait commun, ce sont nos conditions de travail, un combat contre la précarité de demain. Après, je suis contre l’idée que les doctorants dirigeraient un mouvement social. Ça me fait flipper les tentatives d’unification de mouvement social. Nous ne sommes pas une avant-garde ». IL s’agirait, corrige un autre, d’investir un savoir-faire, à égalité avec d’autres. La discussion se poursuit sur l’idée, répétée ici, que la création de collectifs permet de politiser, pas forcément à partir de savoir-faire mais d’une analyse de nos conditions de travail. La présidente de séance fait une synthèse. Faut-il définir la finalité du collectif en premier lieu ou voter d’abord la création du collectif ? Doit-on créer un collectif pour lutter contre la loi travail et la précarité dans la recherche ? Ou ne fait-on rien et on rejoint des collectifs qui existent déjà ? Proposition mise au vote : Création d’un collectif des précaires de l’ESR Hauts-de-France, pour lutter contre la loi travail et les conditions de travail actuelles des précaires de l’ESR. 6 personnes ne prennent pas part au vote 0 personnes contre Unanimité pour

  Pour     quoi faire ?

L’ensemble de l’AG s’accorde pour que le collectif demande le retrait de la loi travail. Une personne souhaite que le collectif porte une parole nouvelle sur cette loi en publicisant le fait que de nombreux travailleurs de l’ESR travaillent pour le secteur public mais sont sous des contrats de droit privé. Et que les conditions de précarité dans lesquelles nous nous trouvons, ne ferons que s’accentuer et s’étendre avec cette loi. Il faut aussi porter la voix des précaires qui travaillent dans le secteur public. Pour certaines personnes, la demande de retrait de la loi doit s’accompagner de revendications spécifiques liées à nos conditions de travail : mensualisation des vacations exonération des frais d’inscription lutter contre l’obligation de faire la thèse en trois ans versement d’une prime de précarité au même titre que les précaires du secteur privé création de postes dans l’ESR remboursement des frais de déplacements dans le cadre de notre travail (conférences etc) lutte contre le sexisme à l’université

Il est proposé que les multiples revendications quant à nos conditions de travail (et pré-existant) à celles-ci, soient discutées lors d’une prochaine AG du collectif, après lecture des textes et temps de recherche. Certaines revendications ne sont-elles pas contradictoires ? Certaines sont corporatistes et d’autres universelles. Formes de la mobilisation -L’appel à journée d’action nationale des précaires de l’ESR du 13 avril est mis au vote.1 (L’appel est à la suite du CR). Nous avons créé un collectif et ce collectif vous soutient. Quelqu’un lit l’appel de Paris 8. 2 personnes ne prennent pas part au vote ; 0 contre ; A l’unanimité pour Le vote fait, il s’agit maintenant de savoir ce que l’on peut faire au nom du collectif et de développer la question de notre intégration au sein du mouvement social. Une personne rappelle la diversité des formes de lutte (hormis les manifestations et les occupations de place) : créer du réseau sur le net et dans les lieux où se tiennent les AG, participer aux activités d’Archimède occupé contra la loi travail – plus tard un étudiant nous invite à leur rendre visite et à prendre connaissance de leurs initiatives et activités. Quelqu’un se questionne sur le sens de notre action lors de la journée du 13 ? Une autre rebondit pour préciser que notre soutien sera plutôt en parole qu’en actes. Quelqu’un proposera un peu plus tard de tenir une table de presse. -La tenue d’une prochaine AG du collectif est proposée dans 2 ou 3 semaines. Une commission composée de deux doctorant-e-s (du Clersé) se chargera d’organiser celle-ci : publicisation auprès des précaires de l’ESR, trouver un lieu. -Notre présence lors de la conférence de presse du vendredi 8 avril est discutée. Un docteur de Paris 8, actuellement ATER à Lille 2 se propose pour s’y rendre. Il y présentera la constitution du collectif ainsi que les revendications de celui-ci : retrait de la loi travail, précarisation dans l’ESR. Des sujets pêle-mêle sont débattus : Relayer les infos, mobiliser ; Voter la liste de diffusion, créer des ponts numériques ; Changer de lieu, venir sur Lille ? ; Caisse de grève Il est alors proposé que les discussions se poursuivent par mail. Les membres de la commission AG ont également pour rôle de centraliser les adresses mails des présent-e-s et intéressé-e-s. Nous nous quittons sur les deux idées suivantes : Être solidaire avec les personnels non enseignants de l’université Organiser un Doodle pour proposer une date ? Le 19 au soir ?

1 « Dès aujourd’hui, nous appelons à une première journée d’action nationale des précaires de l’ESR le mercredi 13 avril selon des formes d’actions à décider localement : semaine sans précaires, rassemblements, actions, assemblées générales, débats… il nous faut sortir des routines et des clivages habituels, investir d'autres espaces pour parler et nous écouter. Cette journée sera le point de départ de ce qui devra être une nouvelle étape dans la mobilisation des non-titulaires de l’ESR, s’appuyant sur les expériences passées de mobilisations et des organisations syndicales et professionnelles. » [appel de precairesser.fr]

cr/ag/lille/20160405.txt · Dernière modification: 2016/04/18 11:35 par rp87